La plupart des acquisitions concentrées dans 11 pays

Ils proviennent à la fois du secteur public et du secteur privé, et sont attachés aux partenariats avec les pays dans lesquels ils veulent s’implanter, à la fois pour réduire les coûts d’une administration locale souvent complexe, et pour des raisons légales.Les investisseurs ? L’étude souligne que les principaux pays investisseurs se divisent en trois groupes : les économies émergentes, les Etats du Golfe, et l’Europe et l’Amérique du Nord.La majorité des acquisitions concernent d’ailleurs une infime minorité de pays.Un précédent rapport de la Coalition internationale pour l’accès à la terre (ILC), publié en janvier dernier, faisait également état de l’augmentation des acteurs locaux dans l’achat de terres.Ces acquisitions de terres représentent 4,8% du total des terres agricoles africaines, c’est-à-dire une superficie équivalente au Kenya. Ainsi, à Madagascar par exemple, des entreprises locales ont acheté en masse des terres, puis ont signé des contrats avec des entreprises étrangères, de manière à devenir des intermédiaires entre des sociétés étrangères et la population locale.Soit beaucoup plus qu’en Asie (17,7 millions d’hectares) et en Amérique latine (7 millions). Mais qu’est-ce que ces investisseurs viennent chercher dans ces terres agricoles ? Ainsi, 754 transactions sur les 1.217 recensées concernent le continent noir, ce qui représente 56,2 millions d’hectares.Plus des trois quarts (78%) des transactions qui ont donné lieu à des vérifications croisées concernent ainsi la production agricole, notamment les biocarburants.Et c’est l’Afrique qui concentre, sans surprise, toutes les attentions des acheteurs de terres.Le reste se répartit entre l’extraction minière, le tourisme et la reconversion forestière. Soit l’équivalent de 1,7% de la surface agricole mondiale. « La ruée s’est ralentie, mais elle continue à un haut niveau » précise le rapport. L’étude analyse ainsi les investissements fonciers agricoles au niveau international sur les 1217 transactions signalées depuis 2000, concernant 83,2 millions d’hectares de terres dans les pays en développement.La ruée sur les terres semble motivée, selon l’étude, par des intérêts de long terme.Tel est le principal enseignement d’une étude publiée ce vendredi par la Coalition internationale pour l’accès à la terre (ILC), rédigée avec l’aide d’une quarantaine d’organisations à l’occasion de la Conférence annuelle de la Banque mondiale sur la Terre et la Pauvret. »La crise alimentaire de 2007-2008 a entraîné une ruée des investisseurs pour les terres agricoles disponibles, qui va continuer dans les années à venir et sur le long-terme », estime l’étude. La ruée des grandes entreprises mondiales sur les terres agricoles, qui avait atteint des sommets en 2009, n’était pas un épiphénomène mais une tendance de fond. Sept sont Africains (le Soudan, l’Ethiopie, le Mozambique, la Tanzanie, Madagascar, la Zambie et la République démocratique du Congo). Les trois autres sont les Philippines, l’Indonésie et le Laos.Ainsi, onze pays concentrent plus de 70% de la surface totale des terres acquises dans ces transactions.Selon l’étude, les investisseurs choisissent des pays parmi les plus pauvres, les plus faiblement intégrés dans l’économie mondiale, notamment les pays africains, mais qui offrent de grandes protections pour les investisseurs.

 

Victor Sossou

 

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