Au final, les barrières à l’entrée sont encore faibles sur le continent et le niveau de concurrence y est encore limité. 

Ce double constat est étayé par la publication du rapport 2012 du Global Entrepreneurship Monitor piloté par la London School of Economics. Et dans ce domaine, tout le monde a une partition à jouer.Mieux encore, l’Afrique est le continent sur lequel la propension à entreprendre semble être la plus forte et les perspectives entrepreneuriales soient les plus intéressantes. Les Etats africains et les partenaires du développement se sont ainsi engagés à lever les contraintes à l’entrepreneuriat mentionnées dans les rapports Doing Business (accès au financement, à l’électricité,..).Loin des stéréotypes, cette Afrique là est avant tout et résolument une terre d’entrepreneuriat.En s’inscrivant dans la lignée des meilleures pratiques en responsabilité sociétale et environnementale, les grandes entreprises peuvent elles aussi exercer un impact décisif sur la structuration du secteur privé à travers la mise en oeuvre d’actions bien pensées (portage, sous-traitance, création d’incubateurs, soutien à la formation professionnelle, achat auprès des PME locales,…).C’est aussi celle qui, aux côtés de la Chine et de l’Inde, est présentée dans un ouvrage récent, la Chindiafrique (éditions Odile Jacob), comme l’un des foyers de croissance du XXIème siècle.Au final, il est nécessaire de mieux former les premiers acteurs du miracle africain : les entrepreneurs et les employés. Et ce qu’ils soient dans le secteur formel ou informel. Cette Afrique, c’est celle qui affiche depuis dix ans une croissance moyenne annuelle du PIB de près de 5%. C’est la réunion de ces conditions qui permettra au continent africain de mettre en oeuvre ses promesses. Et ce, au détriment d’une Afrique, plus discrète, qui se bat, innove et enregistre des progrès économiques spectaculaires. Des promesses largement soulignées par le Président François Hollande lorsqu’il affirmait à Dakar devant de jeunes africains : « L’Afrique est la jeunesse du monde. Elle est aussi une terre d’avenir pour l’économie mondiale… Aucun enjeu planétaire ne pourra être traité sans l’Afrique. Toutes les réponses essentielles passent déjà par votre continent…»Depuis quelques mois, en raison des évènements du Mali et de leurs ramifications, c’est malheureusement l’Afrique en crise qui semble être à la une.Alimentée par la croissance économique, l’émergence de la classe moyenne appelle, par ailleurs, de nouveaux modes de consommation et structure des marchés à même de séduire tout entrepreneur conséquent.A l’instar du succès fulgurant des systèmes de transferts d’argent par téléphone, l’introduction de solutions techniques peu onéreuses et adaptées à l’environnement africain contribue à une meilleure satisfaction des besoins des consommateurs. Bien que souffrant de nombreuses lacunes, les études analysant la rentabilité des sociétés à l’échelle mondiale concluent elles aussi à des performances plus élevées pour les grandes firmes africaines. Dans la même lignée, la productivité du capital et du travail dans certains pays africains est aujourd’hui considérée comme étant équivalente à celle observées dans de nombreux pays asiatiques.

 

Victor Sossou

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