A condition d’encourager le développement des vecteurs de l’accélération de la croissance africaine

A titre d’exemple, une étude du Centre for the Study of African Economies estime que le ROE médian en Afrique sur la période 2002-2007 était de 16 % contre 12 % en Asie et 11 % en Amérique Latine . La combinaison de ces facteurs alimente des taux de croissance sectorielle deux à trois fois supérieurs à ceux observés dans les pays de l’OCDE.  La pénétration des médias (Internet, télévision) accélère, elle aussi, la diffusion de nouveaux modes de consommation.Le deuxième groupe de facteurs pro-entrepreneuriaux est lié à l’innovation. L’Afrique est donc une terre d’opportunités pour les entrepreneurs.Et celles-ci sont nombreuses. On peut citer en premier lieu la nécessité de satisfaire des besoins immenses, alimentés par la croissance démographique. A titre indicatif, la population africaine devrait atteindre deux milliards de personnes en 2050. Une terre sur laquelle la croissance pourrait tripler et qui pourrait devenir un relais de la croissance mondiale.Bien au-delà du comportement rationnel pouvant inciter « l’homo economicus africanensis » à créer sa propre activité pour faire face au chômage ou à des formes d’activités précaires, la propension à s’engager en Afrique dans le sacerdoce entrepreneurial s’explique de moins en moins par les nécessités de la survie et de plus en plus par les opportunités économiques.A condition, d’y créer les bases d’une croissance forte, durable, inclusive et riche en emplois. Au final, l’image de l’entrepreneuriat comme un choix de carrière valorisant est beaucoup plus forte en Afrique et en Amérique Latine qu’en Asie ou en Europe .A condition d’encourager le développement des vecteurs de l’accélération de la croissance africaine : les PME. Plus intéressant encore, c’est aussi en Afrique que la peur de l’échec est la moins forte chez les entrepreneurs : 24 % des sondés y craignaient un échec entrepreneurial contre 28 % en Amérique latine et deux fois plus chez les personnes interrogées en Asie et en Europe.En effet, seules les PME, par leur potentiel de création d’emplois, sont capables de transformer le milliard d’Africains en âge de travailler en 2050, non pas en facteurs d’instabilité mais en acteurs économiques solvables à même de tirer la demande. Seules les PME, par leur contribution à la diversification économique, sont à même de réaliser pleinement le potentiel économique africain. Cette proportion n’est que de 53 % en Amérique Latine et représente moins du tiers des personnes interrogées en Asie et dans les pays de l’Union Européenne. Malheureusement, pour l’heure, les PME africaines sont encore loin de leur potentiel. Peu financées, peu appuyées, bénéficiant de peu de formation et d’information, elles ne représentent en moyenne que 20 % du PIB de leur pays contre 60 % pour leurs consoeurs des pays de l’OCDE.L’opus 2012 de ce rapport contient plusieurs résultats à même d’intéresser toute personne désireuse d’entreprendre en Afrique. Résultats qui viennent souvent battre en brèche de nombreux préjugés. Ainsi, 70 % des personnes interrogées sur ce continent pensent qu’il existe dans leur environnement des besoins non satisfaits ou des opportunités entrepreneuriales. Leur contribution en matière de création d’emplois est elle aussi moins importante que dans les pays développés.Chaque année depuis 1999, ce rapport dresse un état mondial de l’entrepreneuriat et essaie de mesurer dans près de 100 pays la perception d’un individu lambda par rapport aux différentes phases du processus entrepreneurial : maturation, création et développement de l’entreprise. L’Afrique est donc aussi une terre de « mission entrepreneuriale » car pour matérialiser ses promesses, il n’est pas un impératif plus urgent que d’armer, pacifiquement, le continent pour transformer les PME en « entrepreneurs du développement ».

Victor Sossou

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